La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett


Devant le succès du film La Couleur des sentiments aux Etats-Unis, j’ai été tentée de lire le livre. Pour bien faire, j’ai fait en sorte de ne pas voir le film tout de suite, afin de faire les choses dans l’ordre.

Première remarque, le titre français du livre comme du film n’est pas tout à fait fidèle au titre anglais, The Help. Ce dernier désignait dans les années 60, les bonnes et les domestiques de couleur. Infidèle, le titre français a réussi pourtant à donner une bonne idée du livre et déjà une indication sur son sujet central.

Au fil des pages, nous suivons ainsi quelques moments de vie de ces bonnes (Minny et Aibileen) qui élèvent les enfants des blancs, s’occupent de leur maison, mais aussi celle d’une jeune femme blanche, interloquée par le destin de ces femmes. Désireuse de devenir écrivain, la jeune femme va décider d’écrire un livre sur la vie de ces femmes, avec leur aide et les témoignages d’autres bonnes. C’est l’occasion pour nous, à travers ces quelques pages, de découvrir une époque bien lugubre, où les noirs ne sont pas autorisés à utiliser les mêmes toilettes que les blancs, où les noirs sont considérés comme des sous-hommes, où les noirs sont encore esclaves. Le plus choquant est de réaliser que cela date pour ainsi dire d’hier, des années 60. Votre père ou votre mère est né à cette époque, votre mère ou votre père, né aux Etats-Unis dans un pays du sud, aurait pu subir cette vie laissée aux noirs, que nous découvrons pages après pages, une vie sans liberté.

Sans tomber dans la haine, sans tomber dans l’horreur, sans tomber dans la leçon de moral, l’auteur, Kathryn Stockett nous livre des émotions, des émotions douces, des émotions fortes, des émotions qui frappent. Cela ne s’est pas passé en France, et pourtant, le sort de ces hommes et femmes, résonne dans la tête, comme s’il avait pu être le nôtre, nous personne de couleur.

Mon avis : A lire absolument.

 

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